Les 24 h du Mans vu de l'intérieur
Les 24 H, tout le monde connaît. Ou alors c'est que vous vivez dans une grotte. Des motos à gogo, des campings remplis de gens plus ou moins curieux, une ambiance de folie, du spectacle à tout moment bref, tout est réuni pendant un WE pour que la fête soit folle. Mais il reste une partie cachée que peu de gens connaissent : la voie des stands et l'intérieur des paddocks. Alors bien sur, les spectateurs peuvent accéder le temps de l'ouverture au public à l'antre de la course, les reportages télés sont souvent l'occasion de voir ce qui se passe à l'intérieur mais le voir en vrai n'est pas donné à tout le monde.
J'ai eu la chance de pouvoir accéder le temps d'une journée à l'intérieur des paddocks. Là où tous les pilotes circulent librement, là où les sponsors viennent voir leur s écuries, là où les manufacturiers montent les pneus, là où s'élaborent les stratégies bref, là où tout se joue. Cette chance, je l'ai eu grâce au team 18 que je remercie déjà une première fois. J'ai contacté Olivier Guionet, celui par qui tous les sponsors passent, pour savoir s'il était possible de passer une journée avec eux pendant les 24 H. Et bien pour mon plus grand bonheur, cette rencontre a été possible le vendredi, jour de la 2e séance qualificative. Récit d'une journée mémorable.
La première personne que je croise n'est autre que Guillaume Pialoux, un des trois pilotes de l'équipe. Déjà dans sa tenue de combat, il est détendu et la discution s'engage. Pompier à Grenoble, il a rejoint l'équipe en 2004. En plus de l'endurance, Guillaume court en championnat de France Supersport au guidon d'une 675 daytona ceci afin de rouler et de progresser. Le temps de parler de tout ça et la séance débute. C'est Stéphane Molliner qui part le premier pour une série de 30 minutes. Stépahne est le plus ancien des pilotes et sûrement le plus expérimenté. Arrivé au sein du team en 2002, il a été 3 fois champion de France protwin et court cette année en Superbike français au guidon d'une 1098.
Et de fait. Tout d'un coup, je vois un monsieur arriver en courant dans le stand casque sur la tête. Il s'agit de Yannick, le team-manager et fin stratège de l'équipe. Il annonce tout fort que Stéphane va rentrer afin de monter un pneu de qualif pour les dernières minutes de la séances et essayer de faire « péter une pendule ». Ce dernier ne supporte que 3 ou 4 tours de pistes mais donne la possibilité de descendre les chronos d'une bonne seconde. Le spécialiste en pneu approche la couverture chauffante encore pleine de bonne gomme tendre, les outils sont en place dans une petite caisse bien repérée. La couverture ne sera enlevée que lorsque la moto entrera dans la pit-lane.
Et là tout s'accélère. 30 secondes après, la moto arrive devant le stand. Le pilote coupe le moteur, 1 mécano place la béquille pendant qu'un autre démonte l'axe de roue. Un 3e enlève la roue et replace la nouvelle déjà chaude. On resserre l'axe, la moto redescend de sa béquille et repart aussi sec. La manip n'a pris que 15 secondes. Ceci grâce au système de changement rapide de roue arrière qui est autorisé dans la catégorie Superproduction où s'engage la Suzuki rouge.
Les qualifs ont pris fin à 12h30. Toute l'équipe se retrouve autour d'un verre bien mérité. Nous les laissons donc en paix. C'est aussi un moment privilégié pour accueillir quelques personnalités afin de faire découvrir la structure en vue de trouver de nouveaux sponsors.
Les jeux de foire sont aussi en place pour les quelques déjantés voulant s'envoyer en l'air. Un bon paquet de « coup de poing » sont installés pour ceux qui voudrait savoir « ki ké le plus fort ». En somme, tout est près pour recevoir les quelques 90.000 spectateurs présents ce WE.
Mais l'objectif principal du jour est de découvrir le fonctionnement d'une équipe de course. Nous retournons donc vers les paddocks afin d'y retrouver l'équipe. Tout le monde a pu reprendre des forces avant de préparer la course du lendemain. Alors que les pilotes et le team-manager préparent la stratégie de course, les mécaniciens vont bichonner la moto qui s'élencera demain à 15 h. Les autres vont prendre en charge l'organisation du moment o^les spectateurs vont visiter les stands. Pour ma part, j'ai passé la majeure partie de l'après-midi au côté des mécanos.
Pendant tout ce temps, la bonne ambiance règne entre les différents membres de l'équipe. Les petites attaques fusent à droite et à gauche. Guy et David qui jouent un rôle clé dans la préparation sont pourtant très détendus et n'hésite nt pas une seconde à répondre à mes nombreuses questions portant autant sur la mécanique que sur leur expérience perso. Tous 2 préparent les motos du team dans leur atelier de Limoges. Il faut compter 8 semaines pour préparer les 2 motos. Ces nouvelles GSXR sont très ressemblantes à celle de l'année passée mais il a fallu refaire beaucoup de pièces m'explique Guy.
Et pour tout cela, il faut de nombreux partenaire. C'est justement le rôle d'Olivier dans le team : trouver de l'argent pour faire vivre l'équipe "aujourd'hui nous avons de nombreux sponsors aussi bien dans le milieu pompier : POK qui fabrique des lances nous aide et d'autres liés au monde des pompiers (Mercedes par exemple pour la fourniture du camion). Le SDIS de Haute Vienne nous permet de stocker la semi dans la cour de la caserne. Au total, nous avons 34 partenaires pour le team. L'autre part du budget est complétée par la vente de produits dérivés et puis nous organisons des journées piste sécurité routière. Le reste est animé par la passion qui nous tient."
Mais, il est temps d'aller manger et se coucher afin d'être en pleine forme pour le lendemain. Olivier referme la porte métallique, c'est la fin pour moi d'une journée pas comme les autres où j'aurai appris beaucoup et où j'aurai rencontré des gens formidables.
Au final, les pompiers termineront 10e du général mais surtout, ils seront les premiers dans la catégorie Superproduction. Une victoire hautement méritée et qui j'espère sera la continuation d'une longue série. Un grand merci à toute l'équipe du Team 18 mais aussi à ma photographe chérie sans qui l'illustration de ses articles ne serait possible.
La moto en cours de préparation pour Guillaume Pialoux, 2e pilote du team
Les derniers instants de la séance de qualification du vendredi juste après le freinage du chemin aux boeufs














Merci
Bravo à toute l'equipe. Un grand merci pour tout ce que vous faites pour nous.














