Harley Davidson Street-Rod : le sport selon Harley
Initié avec la V-Rod, le changement de millénaire abordé avec fracas par Harley-Davidson se poursuit à vitesse grand V. Là où la V-Rod mettait à mal certains poncifs concernant la vénérable maison américaine, la Street-Rod pousse le bouchon et cloue le bec aux derniers sceptiques. Disons le maintenant : cet objet rutilant, qui tire brillamment un trait entre le passé de la marque et un présent bien florissant, frôle le sans-faute.
Au premier coup d'œil, la filiation est bien présente. Si la ligne, reprise de la V-Rod, surprend toujours, il est impossible d'ignorer que l'on a affaire à une Harley. Le chrome omniprésent et la selle basse ne trompent pas, mais pour le reste, la transformation est de taille. Pas de cale-pieds que l'on titille du bout de la santiag, pas de guidon au dessus de la tête, bigre !
On n'est pas non plus sur une super-sportive, mais la position met tout de même la puce à l'oreille. Et question oreille, le V-Twin emprunté à la V-Rod, sait y faire. Ce n'est plus la bonne vieille ratatouille d'antan, et le bruit est largement aseptisé comparé à ses grandes sœurs. Ca prend quand même au corps dans le genre baryton et ça donne surtout envie de lui tirer sur la couenne.
Avec 120 ch dans les boyaux sans la bride, cette custom déroule en paix le temps d'en comprendre le fonctionnement. Ronflant en parfaite stabilité, le Twin sait faire de l'Harley bon temps et semble attendre le starter pour dépoter. Passé mi-régime (environ 4000tr/min), il arrache carrément et première surprise, la Street se montre plus stable. Pas vibration, la partie cycle digérant sans crier la puissance qui déboule. Surprenant. Malgré tout, à l'heure d'attaquer une série de virage, on hésite entre l'attaque franche genre couteau entre les dents ou la saine attitude de l'essayeur consciencieux. Mais la Street-Rod n'a pas son pareil pour vous mettre en confiance et c'est l'attaque qui prime.
Misère ! Pas de frottement, des angles d'attaque insensé pour une Harley et un cadre qui subit sans broncher les virolots, suis-je bien à bord d'une production américaine ? Comparé à la V-Rod les cale-pieds ne touchent plus aussi facilement dans les ronds points, bonne nouvelle. Dans cet exercice, il n'y a d'ailleurs que les 300 kg de l'engin qui rappellent à la raison. Sa conduite relativement exclusive ne donne pas libre court à l'improvisation dans les virolos. Un minimum d'expérience dans le « cruiser sport » est nécessaire.
Côté équipement, il n'y a bien évidemment pas de place sous selle et le duo n'est pas existant. Mais les inconditionnels pourront profiter du catalogue de « customisation » traditionnel Harley connu pour être 15 fois plus épais que leur catalogue moto.
Sécurité : Avec cette Street-Rod, Harley a soigné ramage et plumage. Position de conduite, roues adaptées et fourche spécifiques font partie de son accastillage. Mais je ne résiste pas à parler du détail qui tue : le freinage. Car si la miss se laisse amener à un train d’enfer, elle sait aussi calmer les ardeurs de ceux qui oseront la pousser à ces limites. 300 mm pour les disques et un système de freinage quatre pistons signé Brembo, voilà qui finit de transfigurer le comportement d’une Harley qui freine comme jamais.
Les Plus :
-Moteur
-La partie cycle
-La position de conduite
-Look
Les moins :
-Poids
-Sa selle « quasi » solo
-Prix
Moteur : 2 cylindres en V à 60°, 4 T, refroidi par eau, injection électronique
Cylindrée : 1130 cm3
Puissance : 100 ch à 8500 tr/mn (ou 120 ch)
Suspensions AV : fourche téléhydraulique Ø 43 mm, débattement de 127 mm
Suspensions AR : 2 combinés avec débattement de 127 mm
Freins AV : 2 disques de 292 mm avec étriers Brembo 4 pistons
Freins AR : 1 disque de 292 mm, étrier 4 pistons
Capacité du réservoir : 18,9 l
Poids : 280 kg à sec (291 kg tous pleins faits)
Vitesse maxi : plus de 200 km/h
Consommation moyenne : 7,5 l
Prix : 16 900 € (novembre 2005)



































